Interview de Vincent, co-fondateur de Coach Me Happy, par Chloé Lenoir

30/09/2019

Il y a quelques mois, je rejoignais par « pur hasard » l’entreprise Coach Me Happy. Je traversais une période de ma vie assez tumultueuse. Ma précédente expérience en tant que stagiaire ne s’était pas révélée très concluante et il me fallait rebondir. Je n’avais aucune idée du domaine que je souhaitais découvrir. Et mon état d’esprit du moment ne me rendait pas très optimiste. Et puis, je suis tombée sur cette annonce Indeed. « Coach Me Happy, spécialiste du bien-être en entreprise, cherche un(e) stagiaire en communication ». Le bien-être en entreprise ? Ça existe ? J’en avais vaguement entendu parler mais, de là à penser que ça pouvait être un métier … Mon cœur faisait des bonds. J’avais retrouvé mon énergie et mon envie d’apprendre. Mon côté « justicière » jubilait à l’idée de pouvoir contribuer – enfin – à un projet juste, concret. À un monde meilleur, somme toute. Même à petite échelle. Au fil de ma collaboration avec Vincent et Tiffanie (co-fondateurs de CMH), j’ai réalisé qu’il était essentiel de partager des valeurs communes avec son entreprise. Que ce contrat implicite – basé sur le respect, la bienveillance et l’écoute – impactait positivement mes performances. Mes convictions se sont renforcées, ma parole s’est libérée. Rien n’est plus plaisant que de trouver sa place, de comprendre qu’on a un rôle à jouer, des choses à transmettre et à partager.

Dans le cadre de mon rapport de stage, j’ai eu l’envie d’y glisser une interview de Vincent. Pour qu’il m’en dise un peu plus sur lui, sur Coach Me Happy, sur ses motivations … Ses réponses m’ont profondément inspirée. Voilà pourquoi, j’aimerais partager ces ondes positives avec vous.

Vincent, tu es le co-fondateur de Coach Me Happy. Comment l’idée de fonder cette entreprise a-t-elle germé dans ton esprit ?

La création de cette entreprise, c’est le fruit d’une rencontre, d’une circonstance favorable et d’une envie. La rencontre, c’est celle avec mon associée, Tiffanie Gueret, coach sportive, qui avait envie de créer une entreprise. La circonstance, c’est l’absorption de la filiale que je dirigeais par une autre filiale, faisant disparaître mon poste. Et l’envie, c’est celle que j’avais depuis longtemps de créer une entreprise qui serait créatrice de sens, pour moi et pour les autres.

Quels enseignements as-tu tirer de tes précédentes expériences dans le monde de l’entreprise, et plus particulièrement de l’industrie ?

J’ai eu un certain nombre de managers, certains très bons, d’autres vraiment catastrophiques (rires). J’ai pu observer l’impact de leurs actions sur moi, sur mes équipes, sur la performance de l’entreprise. J’ai soigneusement consigné dans un coin de ma tête tout ce qui me paraissait significatif, ce qui fonctionnait ou pas. C’est facile de se dire qu’on ferait mieux à leur place. Et puis cela a été mon tour d’avoir des responsabilités et des équipes. J’ai développé un style de management plutôt bienveillant mais je me suis aperçu que ce n’était pas forcément la solution à tout. Au fur et à mesure, j’ai essuyé des échecs et eu quelques succès en matière de management.

Je me suis formé, j’ai affiné mon style de communication, j’ai appris à mieux comprendre les différentes manières de fonctionner de mes collaborateurs … Tout cela me permet d’avoir aujourd’hui une compréhension empirique et pragmatique du bien-être en entreprise. Mais comme je ne suis pas coach, je m’entoure d’un réseau d’experts qui m’inspirent et interviennent pour nous.

Coach Me Happy met l’accent sur trois domaines d’expertise : le sport en entreprise, la qualité de vie au travail, l’événementiel corporate. Pourquoi ne pas avoir choisi de se concentrer sur un seul secteur d’activité ?

Ce sont effectivement des domaines d’expertise que nous avons mais ce n’est pas comme cela que nous les présentons. Notre grand sujet est le bien-être en entreprise. Nous proposons une approche à 360°, aussi bien par le bien-être physique, mental qu’émotionnel. Le sport en entreprise rentre dans la première catégorie. La qualité de vie au travail est un sujet très transversal pour le coup. Et l’événementiel contribue au bien-être émotionnel, dans le sens où il crée un sentiment d’appartenance, apporte de la reconnaissance, crée de la cohésion, etc. L’approche que nous avons choisie est peut-être moins marketing mais elle nous permet de proposer des solutions réellement sur-mesure aux entreprises et de ne pas simplement chercher à leur vendre un catalogue de produits tout faits.

Le bien-être en entreprise est très prisé par les services RH. Comment différencier « effet de mode » et réelle implication ?

Quand on parle d’effet de mode, je pense à des choses futiles, qui n’ont pas d’impact réel sur la société. Dire que le « bien-être » est à la mode serait comme de dire que la performance ou la bienveillance sont à la mode.

Ce sont plutôt des thèmes universels, remis au goût du jour, mais qui relèvent avant tout du bon sens.

Certes, certaines entreprises vont surtout chercher un label pour leur image, leur communication et pour faciliter leur recrutement. En général, si ce que les employés ressentent en interne est trop différent de l’image communiquée à l’extérieur, l’effet boomerang n’est pas loin. Des sites comme Glassdoor ou certaines applications permettent aujourd’hui aux salariés de s’exprimer anonymement. In fine, l’objectif de l’entreprise reste la performance économique, pas le bien-être des salariés. Mais ça tombe bien, aujourd’hui des études poussées montrent la corrélation entre les deux.

Que penses-tu de l’idée de bonheur au travail ?

Nous préférons nous cantonner à œuvrer à améliorer le bien-être et la qualité de vie au travail. Le bonheur à mon sens reste une expérience très personnelle : un salarié qui bénéficie des meilleures conditions de travail, qui est reconnu, qui a un manager parfait n’en sera pas pour autant heureux, si dans sa vie personnelle il traverse des difficultés ou s’il porte en lui une souffrance profonde. Nous ne sommes pas tous égaux face au bonheur, il serait illusoire de prétendre le créer pour tous, ne serait-ce que parce qu’il faudrait avoir une approche individuelle poussée. Notre mission est plutôt d’améliorer du mieux que nous pouvons les conditions de travail des salariés et de créer les bases d’un possible épanouissement professionnel.

Le « bonheur au travail » évoque à mes yeux davantage une formule marketing qu’une réalité tangible.

Pour toi, à quoi ressemblerait le « manager idéal » ? Et « l’entreprise idéale » ?

Il n’y a ni manager idéal ni entreprise idéale dans l’absolu car chaque salarié, avec son histoire et sa perception, ressent les choses différemment. Il faut donc essayer de trouver des compromis qui conviennent au plus grand nombre. Concernant le manager, il faut qu’il soit compétent, formé, crédible dans sa fonction ; qu’il sache prendre des décisions sur les sujets importants, tout en sachant déléguer et faire confiance. Il doit se doter d’une bonne capacité d’écoute et accepter de se remettre en question ; donner du feedback régulièrement, se montrer honnête, sincère, engagé. Être manager exige d’être orienté résultats ; il faut aussi être capable d’avoir une vision et de la diffuser.

Mais avant toute chose, un bon manager est un manager qui aime ses équipes et a envie de les faire grandir.

Quant à l’entreprise, il faut qu’elle se fixe des objectifs clairs et les partage, s’implique socialement, garantisse de bonnes performances (pour assurer son avenir et la satisfaction de ses actionnaires) tout en accordant de l’importance au bien-être de ses employés. Elle doit réellement se considérer comme un objet social et être créatrice de sens : c’est-à-dire ne pas prendre toutes ses décisions dans son propre intérêt mais jouer son rôle dans la société. Une entreprise doit être capable de contribuer, à son niveau, à préparer un monde meilleur pour demain : se préoccuper de l’environnement, des enjeux sociaux, des impacts sur sa ville, sa région, son pays … de ses décisions et de son activité.

Dans le documentaire « American Factory » produit par les Obama, un grand patron chinois, qui vient d’ouvrir une usine aux États-Unis, se laisse aller à une confession. « Le coassement des grenouilles et le chant des grillons de mon enfance me manquent » dit-il. Avant de poursuivre : « J’ai bâti beaucoup d’usines. Ai-je tué le calme et détruit l’environnement ? Je ne sais pas si je suis un contributeur ou un criminel. »

Cette question, chaque chef d’entreprise devrait se la poser en son âme et conscience. Pas juste pour faire son introspection. Mais pour utiliser son pouvoir pour changer les choses.

Penses-tu que les générations futures sont ambassadrices d’une nouvelle forme d’organisation ?

D’un côté, les nouvelles générations sont friandes de technologies mais aussi de sens. Elles ont une forte capacité d’engagement pour des sujets qui les touchent. D’un autre côté, on constate une perte de repères, de valeurs … et un aggravement de la solitude par la technologie. Il s’agira de trouver ici le bon équilibre : utiliser les nouvelles technologies à bon escient, privilégier de nouvelles formes de travail qui favorisent le bien-être … sans renier tout ce que les anciennes générations ont construit. Je dirais simplement que l’humain doit rester au centre de l’organisation. Je suis donc plus partisan d’une évolution raisonnée que d’une révolution.

Une phrase pour décrire ta philosophie d’entrepreneur ?

J’aurais envie d’en partager deux, si tu me le permets …

« Plus que la destination, c’est le voyage qui compte. »

« Dans chaque décision, la clé est de rechercher l’alignement entre ce que pense la tête et ce que dit le cœur. »

 

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